Faut-il utiliser une motobineuse ou une grelinette ?


C’est André Grelin qui a inventé en 1964, date d’obtention de son brevet, la grelinette. Cet outil spécialement créé pour le jardinage est, en fait, une sorte de combinaison de la bêche et de la fourche que tout bon jardinier possède. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, de prime abord, se poser la question de savoir s’il serait plus judicieux d’investir dans un tel outil ou dans une motobineuse peut se poser.

En effet, les possesseurs de grelinettes avancent des arguments qui tiennent la route, l’un d’entre eux comme nous allons le voir participe même à une nouvelle manière d’envisager le jardinage, une démarche qui se veut plus respectueuse de l’écosystème, bref une pratique plus écologique. On trouve cet outil sous d’autres noms dont le plus courant est le bioculteur, mais on l’appelle aussi l’aérofourche ou la biobêche.

Qu’est-ce qu’une grelinette ?

Une grelinette

Comme nous venons de le voir, une grelinette est une sorte de grande fourche bêcheuse. Elle se compose d’une base qui se présente comme un râteau équipé de dents puissantes, recourbées et biseautées d’une trentaine de cm suivant les modèles qui en comportent trois ou 5. Aux deux extrémités, deux manches en bois d’un mètre de longueur permettent d’imprimer le mouvement voulu.

Le principe est celui du levier. L’utilisateur, un manche dans chaque main, enfonce les dents verticalement dans le sol à l’aide d’une pression du pied sur la barre du râtelier. Il tire ensuite vers lui les deux manches en bois ce qui a pour effet de soulever la terre sur toute la largeur et la profondeur de l’outil. Pour information, une grelinette équipée de 5 dents fait 50 cm de large environ. Le jardinier effectue ensuite un mouvement de balancier de droite à gauche pour diviser la motte en deux tout en reculant. Il recule à nouveau et recommence l’opération et ainsi de suite sur toute la surface à ameublir. Une fois l’ameublissement terminé, le jardinier peaufine le travail avec un râteau.

Quels sont les arguments de la grenillette par rapport à la motobineuse ?

Les adeptes de la grenilette avancent comme premier argument, le fait qu’avec cet outil, la terre est ameublie et non retournée comme c’est le cas avec une motobineuse, un motoculteur ou plus simplement une bêche. Cette technique serait plus respectueuse de l’écosystème présent dans le sol. C’est cet argument qui explique son utilisation par de nombreux jardiniers partisans d’une agriculture biologiquement responsable.

Le deuxième argument rejoint celui qui incite de plus en plus de jardiniers à utiliser une motobineuse, électrique ou thermique. La grelinette, en effet, permet d’effectuer le travail plus rapidement et avec beaucoup moins d’efforts qu’avec une fourche-bêche. Effectivement, ce sont les bras qui travaillent et non le bas du dos comme lors de l’utilisation d’une bêche.

Le troisième argument est d’ordre pratique. La grelinette peut servir aussi à arracher les pommes de terre ou les racines présentes dans le sol.

Pourquoi, alors, choisir une motobineuse plutôt qu’une grenilette ?

La motobineuse comme le motoculteur permettent de couvrir, sans trop d’efforts et plus rapidement, des surfaces bien supérieures à celles qui pourraient être travaillées avec une grenilette.

De plus, la nature du terrain est importante. L’utilisation d’une grenilette quand on possède un terrain avec une terre dure, compacte, sèche ou détrempée n’est pas possible ou alors demande de gros efforts. Ici, la motobineuse thermique ou électrique est plus adaptée.

Avec les modèles de motobineuses électriques ou à batterie, le reproche souvent entendu concernant les nuisances sonores est battu en brèche. De plus, si vous devez fertiliser ou amender votre sol avec du fumier, de l’engrais, etc. avec une grenilette il faudra utiliser d’autres outils dont la fameuse fourche-bêche. Une opération qui met à mal l’argument sur la fin du mal de dos et celui, tout à fait valable, de la préservation de l’écosystème. La fertilisation du sol est grandement facilitée avec une motobineuse sans avoir recours à un autre type d’outil.

Vous l’aurez compris, le choix entre une motobineuse ou une grenilette est un peu à l’image de la querelle entre les anciens et les modernes, celle qui a animé l’Académie Française au XVIIème siècle pas celle qui oppose les tenants d’une agriculture « bio » à ceux qui pratiquent une agriculture « classique ». On pourrait penser que le prix pourrait être un argument en faveur ou en défaveur de l’une ou de l’autre. Mais l’avantage que pourrait en retirer la grenilette est amoindri par le fait que c’est un outil est surtout prévu pour un type d’usage principal. Le jardinage impliquant un nombre important de tâches autres que celle d’ameublir la terre, nous avons vu le cas de la fertilisation, nous aurions pu parler aussi du binage ou du sarclage, choisir la grenilette implique, donc, de devoir utiliser d’autres outils pour les accomplir.

De plus, même s’il existe des modèles de grenilette très bon marché (autour de 50€), celles réalisées à l’aide matériaux de qualité et ayant bénéficié d’une technique d’assemblage garantissant leur intégrité pour un usage intensif et dans la durée, coutent plutôt 100€ voire plus.

A propos du rédacteur

Vincent

Bordelais de 27 ans et touche à tout, je passe mon temps à rédiger des articles sur mes trois passions : la santé, le jardin et le bricolage. Voir notre histoire