Zoom sur le mode de fonctionnement de la machine à coudre


Publié par Camille Catégorie Machine à coudre 135 vues
Zoom sur le mode de fonctionnement de la machine à coudre

Sans ces infatigables piqueuses automatiques de tissus, qui font battre leurs aiguilles de haut en bas toute la journée, sans broncher et sans discontinuer, vous n'auriez sans doute pas cette garde-robe bien fournie. Une machine à coudre, ce ne sont pas moins de 4 mètres de couture en moins d'une minute ! Pour que l'industrie textile s'aventure dans le design et l'esthétique, elle doit d'abord assurer des éléments d'ingénierie, depuis les moteurs jusqu'aux manivelles en passant par les leviers, les pieds-de-biche ou encore les roues.

Parce qu'il est toujours intéressant de s'enquérir de l'envers du décor et de comprendre la « magie » qui fait tourner la chose, Wizza vous propose de passer en revue le mode de fonctionnement des machines à coudre.

La machine à coudre ou l'invention d'une nouvelle manière de coudre

Le mécanisme de base d'une machine à coudre est basé sur deux grands principes :

  • La couture à double fil, un supérieur et un autre inférieur ;
  • La synchronisation parfaite de la couture et du mouvement du tissu.

Toutes les machines à coudre, qu'elles soient modernes ou anciennes, mécaniques ou électroniques, fabriquées par Singer, Brother ou une autre marque, fonctionnent de cette façon et ce, depuis 1834, date à laquelle le brevet d'invention de ce mode opératoire a été déposé aux Etats-Unis. Il faut savoir que les modèles les plus récents, que nous qualifions abusivement d' « électroniques », sont en réalité des machines à coudre « électromécaniques », puisqu'il s'agit simplement des modèles de base auxquels on a ajouté un circuit électronique pour les réglages. En somme, la partie électronique joue simplement le rôle d'une télécommande ou d'un panneau de contrôle. Le mécanisme de base de la machine à coudre ne change absolument pas.

La marge d'évolution des machines à coudre a donc consisté à développer les matériaux utilisés, les sources et la consommation d'énergie, la précision des coutures, les options, les accessoires, la durée de vie, etc. Le mécanisme est resté pratiquement inchangé depuis que Walter Hunt l'a inventé voilà près de deux siècles. Il faut savoir que contrairement à d'autres industries, la couture a suivi un chemin de mécanisation assez inédit. Il ne s'agissait pas vraiment d'automatiser ou de motoriser des machines imitant la manière humaine de coudre à l'aiguille, mais bien d'inventer un nouveau mode opératoire pour améliorer la productivité avec un compromis raisonnable sur la qualité et la précision.

Les deux principes de base de la machine à coudre

Le premier pilier de la machine à coudre est donc la couture à double fil. Un point de couture fait à la main est réalisé en passant une aiguille tout au long du tissu, en tirant un seul fil dans son sillage. L'aiguille est ici l'élément clé. Mais avec une machine à coudre, le seul but de l'aiguille est de piquer le tissu pour y faire passer un fil, afin qu'il puisse faire un nœud avec un deuxième fil avant d'être remonté. Le nœud est donc devenu le cœur de la couture.

L'aiguille attachée au fil de la bobine (également appelé « fil supérieur » ou « fil du dessus ») perce à la fois le tissu et la plaque à aiguille qui se trouve en dessous. Contrairement aux aiguilles à main, le chas (ou trou de l'aiguille) des aiguilles des machines à coudre se trouve à l'extrémité pointue, ce qui lui permet de pousser le fil à travers le tissu. L'aiguille remonte alors un peu, de sorte que le fil, poussé contre la face inférieure de la plaque à aiguille, se replie en une boucle.

Cette dernière est « attrapée » par un crochet rotatif (la boîte à canette) qui l'élargit et la fait tourner autour de la boîte et de la petite canette qu'elle contient. Cette bobine fournit le deuxième fil (aussi appelé « fil inférieur » ou « fil du dessous »). Lorsque la rotation du crochet est terminée, le fil inférieur est pris dans la boucle du fil supérieur et ensemble, ils forment un nœud. Enfin, l'aiguille tire le fil supérieur vers le haut, en serrant le nœud contre le tissu. Le point est fait et le cycle peut recommencer pendant tout le processus de la couture. Voyons à présent comment le tissu se déplace entre les points de couture.

Le deuxième pilier du modus operandi de la machine à coudre concerne la synchronisation des points et du mouvement du tissu. La couture à la machine ne serait pas possible sans son mécanisme complexe de courroies, d'arbres d'entraînement et de manivelles qui transforment la rotation du moteur en un mouvement synchronisé de plusieurs éléments :

  • l'aiguille et les deux fils d'un côté, pour la couture ;
  • le pied-de-biche et les griffes d'entraînement, qui tirent le tissu vers l'avant entre deux points de couture.

La façon la plus simple de comprendre le fonctionnement de votre machine à coudre est de la démonter et de l'observer. Attention : ne démontez que ce que vous êtes sûr de pouvoir remonter. Si vous avez peur d'endommager votre machine à coudre ou si vous ne vous sentez pas forcément l'âme d'un bricoleur, on vous propose une petite plongée au cœur de la mécanique de votre machine.

Au cœur du mécanisme de la machine à coudre

Tout commence par la source d'énergie de la machine, qui est aujourd'hui un moteur électrique actionné par une pédale. La rotation du moteur entraîne une courroie tendue entre deux disques. Pour faire simple, on peut comparer ce mécanisme à celui d'une chaîne de vélo reliée d'un côté au disque qui tourne quand on pédale (= le moteur) et de l'autre au disque relié à la roue.

Le volant de la machine à coudre est relié à l'arbre d'entraînement supérieur. Ce dernier est un cylindre d'une longueur plus ou moins élevée qui tourne sur lui-même afin de transférer le mouvement d'une zone d'une machine à une autre. Dans le cas des machines à coudre, l'arbre supérieur transmet le mouvement à deux composantes :

  • Une manivelle qui soulève et abaisse l'axe vertical relié à l'aiguille ;
  • Une deuxième courroie reliée à un deuxième arbre d'entraînement.

Ces deux parties sont parallèles à la première et les imitent, ce qui permet au mécanisme du bas de la machine à coudre d'être parfaitement synchronisé avec celui du haut. Le mécanisme inférieur est constitué de la boîte à canette et de son fil inférieur (qui forme le nœud avec le fil supérieur), ainsi que des griffes d'entraînement qui déplacent le tissu entre les points.

Un cycle de couture complet dépend de la puissance de la machine à coudre, mais si l'on considère que les modèles bas de gamme tournent à 600 tours par minute (soit 10 points par seconde) et que les machines haut de gamme peuvent aller deux fois plus vite, vous pouvez imaginer l'incroyable précision de cette réaction en chaîne, mais aussi l'impact de tout contretemps qui viendrait entamer ce fonctionnement délicat.

Remarque : la puissance du moteur détermine également la force de l'aiguille, ce qui lui permet (ou non) de piquer à travers un tissu plus ou moins épais. Il est donc important de choisir une machine suffisamment puissante si vous comptez manipuler des tissus épais, notamment pour réaliser des vêtements d'hiver.

A propos du rédacteur

Camille

Curieuse de nature, je parcours le web à la recherche de produits intéressants afin d'en faire profiter la communauté Wizza. Je suis spécialisée dans l'univers de la cuisine, de la beauté et des enfants.